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Recherche l'acte de naissance de Marie Claudine Monnier, née au Fourg ? Ou peut-être du côté de Chaudron, Montperreux (Doubs) vers  1775 (mère de François Isidore Gagelin)

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F. I. Gagelin

Ce site retrace la vie de François Isidore Gagelin, prêtre missionnaire en Conchinchine, actuel Vietnam....condamné à mort par strangulation en 1833...coupable d'avoir prêché et répandu la religion de Jésus...

                       

Jeudi 18 août 2005

Qui était-il ?

François Isidore Gagelin

Prêtre missionnaire, il naquit à Montperreux, canton de Pontarlier, département du Doubs, le 10 mai 1799; il perdit son père encore en bas âge. La modique fortune de sa mère ne permettait pas à celle-ci de lui faire entreprendre des études pour lesquelles il montrait de la disposition. Le curé de Montperreux y suppléa. Après lui avoir donné les premiers éléments de la langue latine, il le plaça au collège de Pontarlier, puis au petit séminaire de Nozeroy, de là au grand séminaire de Besançon.
Dans le courant de l'année 1819, il quitta Besançon, avec l'agrément de ses supérieurs, pour entrer au séminaire des missions étrangères à Paris. Entrainé par une vocation irrésistible il quitta la France au mois de décembre 1820, n'étant encore que sous-diacre, et partit avec deux autres eclésiastiques, pour s'attacher aux missions de la Cocchinchine et du Tong-King.
Une persécution violente fut dirigée contre les catéchumènes et les prêtres catholisant dans les royaumes de la Cochinchine et du Tong-King. Les chrétiens, recherchés partout, furent jetés dans les cachots, et tout fut mis en oeuvre pour les forcer à abjurer la religion, conformément à in édit rendu, le 6 janvier 1833, par Minh-Menh, souverain de ces contrées. De généreux chrétiens confessèrent hautement leur foi, à la vie et au milieu des supplices. Plusieurs missionnaires scellèrent de leur sang les dogmes qu'ils étaient allés prêcher. De ce nombre fut M. Gagelin, qui, lorsque la persécution fut déclarée, pour cesser de compromettre les chrétiens qui lui avaient donné asile, se livra lui-même, et fut mis à la cangue, le 25 janvier 1833 (la cangue est formée de deux lourds morceaux de bois, troués au milieu pour y faire passer le cou de ceux qui sont condamnés à porter cet instrument au supplice ; ces deux morceaux de bois sont réunis ensuite et pèsent sur les épaules du patient.).

 Le 17 octobre, M. Gagelin fut conduit au supplice ; il se prêta à tous les préparatifs avec le plus grand sang-froid. Un chrétien indigène, Paul Doï-Buong, capitaine de la garde du roi, suivit bientôt les traces de notre compatriote, et eut la tête tranchée.

par Jocelyne publié dans : François Isidore Gagelin le Bienheureux
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Mercredi 17 août 2005

Fiche individuelle

Nom:

Gagelin

Prénom:

François Isidore

Naissance:

10-05-1799

Commune:

Montperreux

Diocèse:

Besançon

Département:

Doubs

Ordination:

28-09-1822

Départ:

07-11-1820

Mission:

Cochinchine Hué

Etat:

Vietnam

Béatification:

27/05/1900

Canonisation:

19/06/1988

Décès:

17-10-1833

 

par Jocelyne publié dans : François Isidore Gagelin le Bienheureux
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Samedi 13 août 2005

L'enfance et l'adolescence

 

François-Isidore Gagelin naquit le 10 mai 1799 à Montperreux, petite commune du Doubs, dans l’arrondissement de Pontarlier, sur les bords du lac de Saint-Point.

A cause des troubles provoqués par la Révolution, il ne put recevoir le baptême que le 14 juillet suivant. Encore fut-il baptisé secrètement par M. Rouget, ancien curé des Fourgs, qui menait depuis plusieurs années la vie clandestine des prêtres réfractaires.

Son père, Charles-François Gagelin, modeste agriculteur, connaissait les simples et les utilisait pour soigner bénévolement ses compatriotes.  Très estimé dans la région, il présidait les assemblées de prières que les fidèles tenaient secrètement en l’absence de leur curé, et recevait aussi chez lui les prêtres persécutés, malgré la peine de mort édictée contre ceux qui osaient cacher des proscrits. Dieu rappela à lui de bonne heure cet homme de vertu et de dévouement.

La mère Marie-Claudine, née Monnier, resta donc seule avec quatre enfants, deux filles et deux garçons, dont l’un mourut en bas âge. Le plus jeune des quatre, que l’on appela toujours de son second prénom, Isidore, avait à peine deux ans quand il perdit son père. Madame Gagelin cultiva le sens du divin dans le cœur de ses enfants, qui non seulement faisaient leurs prières en famille, mais l’accompagnaient à l’église. Aussi, vers l’âge de cinq ou six ans, Isidore disait-il autour de lui qu’il voulait être prêtre.

Le curé qui desservait alors la paroisse de Montperreux, l’abbé Lombard, était en vénération dans le diocèse de besançon. Non content de régénérer sa paroisse par l’instruction et par l’exemple, l’abbé Lombard eut encore le souci de préparer des sujets pour le sacerdoce. En effet, au sortir de la Révolution, les prêtres manquaient dans tout le pays. L’exil, la persécution, la guillotine hélas, avaient bien éclairci leurs rangs.

Comme beaucoup de curé à cette époque de restauration religieuse, il organisa chez lui une école presbytérale où le jeune Isidore apprit avec succès les premiers éléments du latin.

 

 

 

Il semble que l’absence du père ait eu une influence assez marquée sur le jeune garçon, dont le caractère s’avéra d’abord difficile. Une de ses sœurs dit de lui : « Il était prompt à la colère, attaché à son sentiment, ne rabattant rien de ses volontés. Pour lui donner une correction, il fallait le saisir à temps, car il grimpait vite sur un arbre et de là, se moquait de tout le monde. »

La discipline imposée par le curé porta ses fruits. Vers l’âge de onze ans, Isidore fit sa première communion et amorça une transformation profonde. Sa vivacité se changea en douceur aimable et sa colère  fit place à de la modération. A l’école, il était un modèle pour ses condisciples et, quand il rentrait à la maison, s’il avait un moment de libre, il prenait part aux travaux ménagers. Il arrivait aussi à sa mère de demander un congé pour lui, afin qu’il pût l’aider aux travaux des champs.

Un jour qu’il pleuvait à torrents, sa sœur courut lui porter des vêtements pour le protéger de l’orage. Il les refusa, lui expliquant qu’il voulait s’endurcir pour aller prêcher dans les contrées lointaines. Où avait-il pris cette idée ?

Toujours est-il qu’en novembre 1812, l’abbé Lombard fit entrer Isidore comme externe au collège de Pontarlier.

Dès la première année, il obtint déjà quelques prix. L’année suivante il se haussa au premier rang. « Ne revenez pas l’an prochain, lui aurait dit le Sous-préfet, à la distribution des prix, vous ne laissez de récompense à personne. »

 

 

 

….. extrait de : Saint François-Isidore Gagelin de Charles Barbier

 
par Jocelyne publié dans : Les différentes étapes de son histoire
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Vendredi 12 août 2005

                                                     Le voyage  

 

Le départ du jeune Gagelin fut fixé en novembre 1820. Il voyagerait avec trois compagnons comptant chacun plusieurs années de sacerdoce : Pierre Géland, destiné au Setchoan,  Jean Ollivier, envoyé au Tonkin et Jean-baptiste Taberd qui se rendait en Cochinchine, comme lui-même. 

Les quatre missionnaires prirent la diligence de Bordeaux afin de s’embarquer. Ils furent bien accueillis dans cette ville où ils trouvèrent un compagnon de voyage bien connu, M. Chaigneau qui s’était établi en Cochinchine en 1796 et y avait accédé à la dignité de grand mandarin. Revenu au pays natal en 1819, il en repartait avec le titre de pouvoirs de Consul de France.

Leur navire s’appelait la Rose. C’était alors l’un des plus beaux de la marine marchande française.

                            

Gagelin donnera de ses nouvelles au terme du voyage à M. Breluque, directeur au Séminaire :

« Notre voyage d’Europe jusqu’ici a été d’environ 6 mois. A la fin janvier (1821), nous avions déjà doublé le Cap de Bonne-Espérance où nous avons essuyé quelques mauvais temps, toutefois sans suite fâcheuse. De là, nous avons été un peu contrariés par les vents et les calmes pour nous rendre à Batavia, om nous sommes arrivés les premiers jours d’avril. Nous avons eu la consolation d’y trouver un curé catholique hollandais, M. Wendding, qui nous a reçus très amicalement, a voulu nous nourrir, nous loger, pendant notre séjour et n’a rien épargné pour nous garantir de la contagion de ce pays, où le nombre des mourants est effroyable. Batavia est réputé le pays le plus malsain du monde et regardé comme le tombeau des Européens…… Notre voyage de Batavia jusqu’en Cochinchine n’a rien eu de particulier…. »

« Enfin, la Rose arriva à l’embouchure de la Rivière de Hué, et bientôt au port, le 17 mai 1821. Le capitaine tira une salve de 21 coups de canon. Aussitôt un mandarin du port fut envoyé pour reconnaître le navire. Le même jour, M. Chaigneau descendit pour aller se présenter à l’Empereur et annoncer la lettre et les présents du Roi de France.

                                         

Malheureusement, l’Empereur Gia-Long, qu’il avait connu lors de son précédent séjour, était décédé (le 25 janvier 1820). Le Prince Chi-Dam lui avait succédé sous le nom de Minh-mang.

Il passait pour superstitieux et ennemi juré de la religion chrétienne.

                                  

                       

Tout le monde fut péniblement affecté à bord, mais particulièrement Gagelin et ses confrères qui voyaient s’évanouir l’espérance qu’ils avaient entrevue pour le succès de leur ministère. 

Le nouvel empereur décréta des mesures sévères contre les nouveaux arrivants. L’équipage ne pouvait avoir accès que dans une maison voisine du port, avec défense de s’en écarter. Malgré ses mauvaises dispositions, le surlendemain l’empereur envoya chercher en grande pompe la lettre et les présents de Louis XVIII. Le colonel de la Garde qui se trouvait en tête se mit à genoux pour recevoir très respectueusement la lettre de Sa Majesté ; on fit au départ une salve de sept coups de canon ; le fort répondit de même. D’autres barques emportèrent les présents. C’étaient de belles glaces, des fusils, des épées, des longues-vues, dont l’empereur parut satisfait. »

 
par Jocelyne publié dans : François Isidore Gagelin le Bienheureux
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Jeudi 11 août 2005

Premiers pas en mission

 

Les trois missionnaires arrivés à hué sur le navire La Rose le 17 mai 1821, restèrent cachés à bord jusqu'au 19 au soir. Ils débarquèrent dans la nuit et se rendirent secrètement jusqu’à Co-Vuu, om résidait Mgr Labartette, qui les garda près de lui durant un mois.

Au bout de ce temps, l’évêque dirigea M. Ollivier sur le Tonkin, sous la conduite de courriers très sûrs, tandis qu’il envoyait M. Taberd à deux lieux environ, dans un village chrétien appelé Ke-so.

Il ne garda à Co-vuu que M. Gagelin, pour le former lui-même à la vie apostolique et lui demander à l’occasion quelques travaux de secrétariat.

 
par Jocelyne publié dans : Les différentes étapes de son histoire
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Mercredi 10 août 2005

Bruits de persécution

 

L’empereur Minh-mang songeait toujours à la persécution, mais il n’osait pas la faire ouvertement, par politique. Il affichait un profond mépris pour les chrétiens et savait qu’il ne restait plus que trois missionnaires en Cochinchine, dont l’un était plus au moins malade. En faisant bonne garde aux frontières, il empêcherait tout missionnaire d’entrer et la « religion perverse », comme il la nommait, disparaîtrait bientôt. L’empereur arrivait ainsi à son but sans mettre sa couronne en péril et sans se donner l’odieux de la violence. 

      En intermède savoureux, Gagelin nous dit comment, malgré la surveillance de la police, il parvint à débarquer les lettres et paquets que le Séminaire de Paris leur envoyait :

 

« Nous avons reçu tous les effets, paquets et lettres que vous avez eu la bonté de nous envoyer par La Rose, arrivée en Cochinchine dès les premiers jours de septembre 1823. Nous aurions eu bien du plaisir à voir arriver quelques nouveaux missionnaires, pour réparer les grandes pertes que nos deux missions viennent de faire par la mort de leurs évêques. La difficulté de les débarquer eût été grande mais non insurmontable ; car la divine Providence si féconde en ressources et contre laquelle les efforts des hommes sont vains, aurait sans doute fourni quelque moyen de les faire entrer dans leur mission…. »

  

On parlait toujours des dangers d’une persécution, Gagelin écrit à ce sujet :

« Le roi jusqu’aujourd’hui nous laisse tranquille, il sait que nous sommes dans ce pays, il n’y a pas lieu d’en douter, mais il dissimule et ne persécutera peut-être pas de sitôt la religion, pour des raisons politiques à ce qu’on prétend. L’année dernière, il permit le commerce aux Anglais, à condition qu’ils n’apporteraient ni opium, ni missionnaires. »

 

 

 

 

 

 

 
par Jocelyne publié dans : François Isidore Gagelin le Bienheureux
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Mardi 9 août 2005

Tournées pastorales (1828-1830)

 

 

 

La province de Dong-naï doit son nom au fleuve qui l’arrose et la féconde. Aujourd’hui on dit plus volontiers la province de Bien-hoa, du nom du chef-lieu, sur le fleuve. Le collège était à quelques lieues en amont de Bien-hoa.

Après deux mois de repos relatif, Gagelin en repartit vers la fin d’octobre 1828 pour visiter ce qu’il appelle la partie du midi, c’est-à-dire la Cochinchine du sud-ouest.

Il ne parvint dans la chrétienté qu’il s’était fixée pour but qu’au milieu de novembre. Il avait, en effet, été obligé de s’arrêter en différents endroits pour visiter d’autres chrétientés, assez nombreuses, dont l’une même n’avait pas vu de prêtre depuis deux ans et qui se trouve à quarante lieues de Saïgon. Il parcourut encore quarante lieues dans un pays où il ne trouva que quelques maisons chrétiennes, sans églises.

« J’ai fait, écrit-il, les vingt premières lieues en suivant un grand canal bordé de cocotiers de chaque côté, et le long duquel je n’ai trouvé presque aucune habitation. Ensuite, je suis entré au milieu d’une vaste plaine à perte de vue…

« J’ai trouvé parmi les chrétiens des désordres et du relâchement, mais il ne m’a pas été difficile de me faire obéir… J’ai d’ailleurs trouvé de bonnes âmes qui, quoique privées des sacrements depuis tant d’années, avaient toujours vécu dans la crainte de Dieu, ce ui m’a bien consolé.

« Ces chrétiens m’ont raconté une chose que je regarde comme un miracle de la divine Providence : il y a dans ce pays beaucoup de tigres, qui chaque année dévorent quelque païen, mais ils respectent les chrétiens. Il est inouï qu’aucun deux ait été pris, quoiqu’ils rencontrent souvent le tigre dans les bois ou ailleurs. Une fois même, le tigre est venu s’accroupir devant leur église, pendant qu’ils y étaient rassemblés pour prier ; il est ensuite allé se prendre dans un piège à quelque distance de là. »

Après être resté deux mois dans cette chrétienté, il rentre au collège de Dong-naï par une autre route, pour visiter d’autres chrétiens.

Dès son retour, vers la fin de janvier 1829, il projette un autre voyage :

« Je vais partir incessamment pour faire un second voyage d’environ deux cents lieues, toujours vers la partie du midi ; je ne pourrai probablement être de retour avant la Pentecôte. »

Il ne donne pas de détails sur cette seconde tournée, mais note cependant :

« Ces voyages sont très pénibles, mais comme je prends les précautions nécessaires, ma santé n’en souffre pas. Sans être robuste, je n’ai aucune infirmité… »

Dans une lettre du 27 juillet 1830, il assure avoir fait un troisième voyage l’hiver précédent, à huit ou neuf journées du collège, puis décrit un quatrième commencé à la fin de mars 1830, pour régler certaines affaires dans les villages om il était déjà passé.

 

 

 

…. Entre temps, Rome avait enfin pourvu au remplacement de Mfr Labartette, décédé en 1823 Le 18 septembre 1827 était nommé évêque d’Isauropolis et vicaire apostolique de Cochinchine le plus ancien des missionnaires : Jean-louis Taberd, âgé de 33 ans, arrivé en mission, on s’en souvient, en même temps que Gagelin, mais ordonné prêtre cinq ans avant lui, en 1817.

Taberd avait rejoint le collège de Dong-naï, vers la Pentecôte 1829, pour annoncer à Gagelin, rentré de son deuxième voyage, qu’il le nommait vicaire délégué, c’est-à-dire vicaire général, quand ils apprirent l’arrivée prochaine de M. Cuenot, Bisontin comme Gagelin.

Parmi les lettres que Cueno apportait, il y avait une lettre des sœurs de Gagelin, lui annonçant le décès de sa mère, datant déjà de juin 1827. Cette triste nouvelle le toucha sans l’accabler, mais il pleura :

« J’ai pleuré plusieurs fois notre mère bien-aimée, et pendant la messe que j’ai célébré pour le repos de son âme, j’avais peine à retenir mes larmes. »

 
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Lundi 8 août 2005

1831 – 1832  La persécution

 

 

 

Le ministère du collège est auprès des chrétiens dispersés continuait normalement, quand une affaire, minime dans ses débuts, vint jeter le trouble et ranimer les sentiments persécuteurs de Minh-mang.

 

 

 

Le village de Co-lao, voisin de Duong-son, près de Hué, où résidait Jaccard, cherchait depuis longtemps à s’emparer des terres des chrétiens. Au mois de septembre 1831, alors que les chrétiens de Duong-son faisaient leurs rizières, les païens de Co-lao vinrent leur chercher querelle. Ils les accusaient de cultiver des terres appartenant à Co-lao.

L’affaire fut portée au tribunal du chef de canton. Les preuves faisant totalement défaut aux accusateurs, le juge, malgré sa mauvaise volonté, dut donner raison aux chrétiens. Les païens ne se découragèrent pas et portèrent l’affaire au Grand Conseil du Roi. Mais ils changèrent les motifs de l’accusation. Il ne s’agissait plus de spoliation de terres, mais du crime d’être chrétiens ; et là, les accusateurs avaient la partie belle, car les chrétiens ne niaient jamais l’être.

Sur cette accusation,  73 chrétiens de Duong-son furent jetés en prison, mis à la cangue et torturés avec grande cruauté. Aucun ne faiblit sous les tortures. En conséquence, les grands mandarins prononcèrent une sentence rigoureuse.

Jaccard et le premier chef du village étaient condamnés à mort avec sursis, le second chef à l’exil perpétuel, quatorze soldats aux travaux forcés après avoir été exposés deux mois au soleil, la cangue au cou et avoir reçu chacun cent coups de bâton ; les femmes à cent coups de bâton seulement. Les terres contestées étaient données au village de Co-lao, l’église et les bâtiments du collège confisqués.

 

 

 

Dans le courant de décembre 1832, le colonel des gardes du Roi fit signer à tous les soldats de son régiment un libellé d’apostasie. Douze gardes avec un capitaine refusèrent de signer. On les mit à la cangue et on les frappa avec tant de cruauté que leurs chairs tombaient en lambeaux…..

 
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Dimanche 7 août 2005

Le décret de persécution générale

 

Le 6 janvier 1833 est publié le décret de persécution générale.  

 

Traduction française de ce décret, faite par François Jacquard.(missionnaire) 

 

« Treizième année de Minh Mang, le 16ème jour de la onzième lune, le Président du Tribunal des Causes Criminelles, par ordre de Sa Majesté : 

Discours d’en haut. 

La religion chrétienne a été introduite et disséminée depuis longtemps dans ce royaume par les Européens, qui ont séduit, de plusieurs manières, un peuple ignorant et stupide, et l’ont plongé dans un tel aveuglement, qu’il ne sait plus se corriger. Ayant examiné cette religion, nous avons jugé que ce qu’elle enseigne sur le paradis et les autres articles n’est que rêverie et superstitions sans nombre. De plus, cette religion ne rend aucun culte aux génies, n’honore point les ancêtres ; elle est évidement contraire à la religion de l’Etat, au point que ses sectateurs se permettent de bâtir des maisons de rassemblement où ils l’enseignent, séduisant les personnes du sexe pour commettre des impuretés, et font différentes cérémonies pour arracher les prunelles des yeux des malades. Ainsi cette religion est non seulement contraire à la raison, mais encore au droit naturel, détruit les coutumes, et par conséquent et clairement perverse et fausse.

  

 Si dans quelques gouvernements, il y a des églises et missions religieuses, les administrateurs devront les détruire absolument… Si après ces premières instructions que nous daignons leur donner, ils osent s’obstiner, ne se corrigeant pas, et se rassemblent encore malgré notre défense et qu’ils soient découverts, ils seront sévèrement punis, sans pardon possible, afin de détruire le mal jusque dans sa racine. Que chacun observe ces ordres avec ponctualité. Enfin, les gouverneurs et mandarins doivent soigneusement prendre garde que leurs subalternes ne s’autorisent pas de ceci pour vexer le peuple.

Si cela arrive, les contrevenants seront punis selon les lois, et les chefs qui ne veilleront pas sur leurs inférieurs seront également mis en jugement, et on ne leur pardonnera pas.

Tels sont nos ordres ; qu’on les respecte et qu’on les observe ! »

 

 

 

 

 
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Samedi 6 août 2005

Les chrétiens étaient effrayés devant l'édit, et les missionnaires perplexes devant le décret.

Les premiers abandonnant maisons et champs cultiviés, fuyaient avec leurs familles vers la montagne et les forêts. D'autres vendaient à vil prix ce qu'ils possédaient pour acheter une barque et voyager inconnus, sur les fleuves. D'autres firent disparaître les églises et en un mois, quatre cents d'entre elles furent détruites. Il s'agissait, bien entendu, de constructions légères, aussi facile à démolir qu'à reconstruire.

Quant aux missionnaires, avertis par Gagelin, ils se mirent à l'abri. Mgr Taberd fut d'abord arrêté par un mandarin qui lui dit poliment que le roi le demandait à la cour pour faire des traductions et l'invitait à se mettre en route ; il argua de sa mauvaise santé pour demander à partir par mer. Pendant qu'on cherchait une barque, il faussa compagnie au mandarin et s'enfuit vers Ha-tien, le Cambodge et le Siam. Régereau et Cuenot le suivirent de près sur cette voie, profitant des fêtes du nouvel an pour s'échapper. Le Père Odorico se livra.

Restait Gagelin. Il espéra d'abord se dissimuler chez les chrétiens du Quang-ngaï, où il se trouvait. Mais il apprit bien vite qu'un grand nombre de chrétiens des environs avaient apostasié. Pour se soustraire au danger d'être dénoncé par les apostats, il résolut de se retirer ailleurs.

Vers la fin février 1833, il quitta secrètement la chrétienté qui l'avait recueilli et s'enfuit vers la montagne. Il se trouva bientôt au milieude tribus archaïques. Comme accueil, il fut dépouillé de son turban, d'une partie de ses vêtements et de son argent. Il put à peine trouver à manger deux fois, durant lescinq jours qu'il passa à la montagne. C'est mourant d'inanition et de fatigue qu'il quitta ces lieux inhospitaliers et prit le chemin du retour.

Son retour calma les chrétiens qui le cherchaient partout. Mais leurs sollicitations, leurs promesses de le garder parmi eux ne purent le retenir dans leur village. Il pensait que s'il y restait, les apostats le livreraient ou que la police, avec tous ses espions, finirait bien par le découvrir. Il résolut donc de se livrer lui-même aux mandarins.

 

 
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