Qui était-il ?
François Isidore Gagelin
Prêtre missionnaire, il naquit à Montperreux,
canton de Pontarlier, département du Doubs, le 10 mai 1799; il perdit son père encore en bas âge. La modique fortune de sa mère ne permettait pas à celle-ci de lui faire entreprendre des études
pour lesquelles il montrait de la disposition. Le curé de Montperreux y suppléa. Après lui avoir donné les premiers éléments de la langue
latine, il le plaça au collège de Pontarlier, puis au petit séminaire de Nozeroy, de là au grand séminaire de Besançon.
Dans le courant de l'année 1819, il quitta Besançon, avec l'agrément de ses supérieurs, pour entrer au séminaire des missions étrangères à Paris. Entrainé par une vocation irrésistible il
quitta la France au mois de décembre 1820, n'étant encore que sous-diacre, et partit avec deux autres eclésiastiques, pour s'attacher aux missions de la Cocchinchine et du Tong-King.
Une persécution violente fut dirigée contre les catéchumènes et les prêtres catholisant dans les royaumes de la Cochinchine et du Tong-King. Les chrétiens, recherchés partout, furent jetés dans
les cachots, et tout fut mis en oeuvre pour les forcer à abjurer la religion, conformément à in édit rendu, le 6 janvier 1833, par Minh-Menh, souverain de ces contrées. De généreux chrétiens
confessèrent hautement leur foi, à la vie et au milieu des supplices. Plusieurs missionnaires scellèrent de leur sang les dogmes qu'ils étaient allés prêcher. De ce nombre fut M. Gagelin, qui, lorsque la persécution fut déclarée, pour cesser de compromettre les chrétiens qui lui avaient donné asile, se livra lui-même, et fut
mis à la cangue, le 25 janvier 1833 (la cangue est formée de deux lourds morceaux de bois, troués au milieu pour y faire passer le cou de ceux qui sont condamnés à porter cet instrument au
supplice ; ces deux morceaux de bois sont réunis ensuite et pèsent sur les épaules du patient.).
Le 17 octobre, M. Gagelin fut conduit au
supplice ; il se prêta à tous les préparatifs avec le plus grand sang-froid. Un chrétien indigène, Paul Doï-Buong, capitaine de la garde du roi, suivit bientôt les traces de notre compatriote,
et eut la tête tranchée.
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